À vos cadeaux
C’est peu de dire que l’avocado est un grand voyageur. Il a fait plusieurs fois le tour du monde. Rien d’étonnant à le trouver en abondance dans les marchés du Laos. Il est ici consommé en smoothie, pas du tout à la française en vinaigrette, sauf dans les restaurants pour expats. Néanmoins, sa présence est récente, mais, signe qu’il a été adopté, son arbre s’est fait une place dans les vergers du Laos. Moi aussi, j’ai voyagé. En France, je suis resté suffisamment longtemps, cinquante ans, pour connaître la mélancolie de l’avocatier. Le fruit a si bonne réputation, celle de l’aliment-santé par excellence, que tous les Français succombent à l’envie de cultiver l’avocatier, jusqu’à ce que le climat local les amène à ne plus jamais parler de culture mais seulement de faire germer le noyau d’avocat. Il y a un mariage de déraison existentielle entre le petit avocatier et le rebord de fenêtre en été et entre le même avocatier et le radiateur en hiver. Si on met de côté le problème...