Le temps ne passe pas

Onze ans déjà, depuis cette photographie, non pas onze années écoulées, car le temps n’est pas eau, mais roche, pierre, eau sinon gelée pour l’éternité qui n’est pas un temps infini mais une modalité qui ferait du temps une étendue au lieu d’un écoulement, goutte à goutte, et même dans ce cas, l’écoulement ne serait pas continue, mais découpé en fractions d’instants comme le cinématographe découpe une seconde en 24 vingt-quatrièmes de seconde, ce qui est aussi une façon de parler parce qu’aucune mécanique n’est capable de couper une seconde en 24 parts du tout de la seconde, pour la raison que la coupe, quand bien même du sabre le plus tranchant exige, pour s’exécuter, du temps, en conséquence de quoi, la norme cinématographique de 24 images par secondes se compose en réalité de 24 images qui durent moins de 1/24e de seconde, étant entendu que la somme des 24 images qui durent une fraction de moins que 1/24e de seconde doit faire exactement une seconde. Si vous avez perdu ma démonstration en route alors vous êtes sur la bonne route et vous savez que j’ai pris cette photographie dans le Vercors quand j’ai accompagné mon fils et sa classe au ski.


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