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Affichage des articles du 2020

Rose ice a rose ice a rose ice a rose

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Le froid comme le chaud est une séduction dans ses valeurs "normales", sachant que rien n'est plus relatif que la norme. Il est agréable quand on le désigne par le mot fraîcheur, de même en est-il du chaud quand il est une douceur. Au-delà des valeurs normales, froid et chaud sont des douleurs, et dans des valeurs extrêmes, moins 70 degrés Celsius pour les alpinistes et les explorateurs des pôles, 200 degrés pour les malheureux qui reçoivent accidentellement une marmite d'huile de friture sur une partie de leur corps, le même mot s'applique pour dire les dommages : brûlure. Il existe un infini de la douleur par le chaud : l'enfer, où la notion d'infini n'est pas tant dans la valeur en degrés Celsius que dans l'absence de répit. On peut en avoir une approximation dans les périodes de canicule, de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Cinq semaines consécutives au-dessus de 30 degrés, qui font les nuits aussi chaudes que les jours, sont...

Le sérieux de la comédie

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Le Français Hugo débarque au Laos plein de mélancolie, mais quand il s'agit de communiquer avec les indigènes autochtones locaux authentiques, il s'évertue à faire le clown, histoire de chasser les ombres de son esprit. Il ne sait pas encore que les Laotiens sont gens moqueurs qui n'attendent pas qu'on leur tende la perche pour vous faire tourner en bourrique ! Marc Barbé s'est prêté au jeu consistant à ne rien comprendre de ce qui se dit autour de lui tout en imaginant qu'il ne peut se dire rien de mal venant des Laotiens. C'est, je vous l'accorde, une manière de caricature autant du Français que du Lao, mais il faut parfois être grossier avant d'attaquer les choses sérieuses. Des comiques sur scène, j'en ai vus beaucoup, il y a longtemps : Popeck, Bedos, Zouk, Romain Bouteille... Pour autant que je m'en souvienne, les spectacles comiques m'ont toujours plongé dans une tristesse insondable. Et je continue à préférer les comiques qui font...

Le temps, l'espace et l'oubli.

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Les mots sont les cailloux qu'on lance pour faire des ricochets à la surface de l'eau. Il est dans la nature des cailloux-mots de couler dans les profondeurs après avoir volé dans les airs. Comme il est dans leur grâce de dessiner en surface des cercles concentriques éphémères. En grandissant, les cercles vont fatalement vers l'épuisement de leur énergie. Pendant les prises, je demande aux interprètes d'écouter les sons du lieu. Les sons du lieu donnent la mesure de l'espace et du temps. Les marques au sol sont des marques temporelles. On peut mesurer une distance en nombre de pas. On peut mesurer la même distance en nombre de respirations. Une respiration se fait en trois temps. L'inspiration, une suspension, puis l'expire. Il en est de même de la marche qui se compte en trois temps. Sauf quand elle est militaire : une... deux... une... deux... ou horlogère : tic... tac... tic... tac Un acteur qui oublie son texte est plus juste qu'un acteur qui oublie ...

Riverside

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Vientiane, janvier 2020. J'étais là, pendant le Covid 19 d'avant qu'il ne fût frappé de l'infamie de la pandémie. J'avais quitté le trafic de la rue Sethatilath pour couper par les ruelles de Wattai Noi, qu'à New York on appellerait Riverside. Il est neuf heures du matin, le soleil tape déjà fort, j'avais envie d'une soupe vietnamienne, phö, qu'on prononce feu. J'ai mis longtemps avant d'arriver là parce que sur la chaussée défoncée on roule lentement, en zigzaguant, mais j'ai parcouru moins d'un kilomètre avant de trouver mon bonheur, un bar à soupe sans façon, j'ai donc eu mon phö et, sans sourciller, malgré l'heure matinale, j'ai commandé ma bière avec glaçons. A quel point c'était bon ? A en oublier que j'avais l'âge de mes artères. J'avais avec moi mon Pentax K1000, chargé avec une 200 asa, quand j'ai vu l'homme en costume noir accroupi devant le fleuve, j'ai arrêté de manger ma soupe, ...

Fleur d'artifice

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La fleur de la pivoine se présente dans sa jeunesse comme une boule de sorbet au cassis, de la taille d'une mandarine. Sur un plan incliné, elle roulerait sans produire plus de frottement qu'une boule de billard. La tige qui porte la fleur est très longue de sorte que, si on la gardait dans toute sa longueur, le bouquet serait burlesque, en bas les feuilles et, suspendue en l'air, une boule rouge. D'un coup de ciseau raccourcir la tige de 25 cm est nécessaire avant de former le bouquet dans le vase. Ne me demandez pas pourquoi l'œil humain, c'est à dire le cerveau, a besoin de voir la fleur à la hauteur des feuilles. Il faudrait s'attarder sur les qualités de ces dernières. Elles sont robustes, d'un vert dense nuancé d'un soupçon de bleu, aux nervures nettement dessinées, elles rappellent les feuilles du noyer. La fleur est tout à la fois la négation (on ne voit qu'elle) et la célébration de tout ce qui constitue la plante, feuille, tige...