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Affichage des articles du avril, 2024

Blue clito rice

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Le titre est racoleur mais néanmoins scientifique. En effet, le nom latin de la plante est clitoria ternatea, qu'on appelle familièrement pois bleu ou pois papillon bleu. Plante très commune au Laos, grimpante, elle fait de n'importe quel grillage une jolie partition verticale. Au départ, petite plante frêle, elle s'allonge en des lianes de plus en plus robustes qui tricotent sa généalogie future en un réseau d'une solidité sans failles. Plusieurs lianes parties d'un même tronc commun peuvent s'entortiller les unes aux autres, exactement comme on fabrique une corde avec des fils plus fins. De ce réseau de lianes principales sont lancées dans l'espace des lianes légères munies d'un feuillage gracieux et abondant non par le nombre de feuilles (petites, multiples, composées de cinq folioles) sur chaque branche mais par le nombre de branches qui donnent rapidement un volume massif à l'ensemble, comme la tête d'une dame après la mise en pl...

Fleur de curcuma

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J'ai pour habitude de donner à mes textes des titres décalés, au second degré, si l'on veut, pour attiser la curiosité de mes lectrices et de mes lecteurs. Mais il arrive que l'objet ou sujet traité appelle une littéralité, un premier degré qui n'atténue en rien l'étrangeté du propos. Comme s'il était dans la nature de certaines "choses" d'être exotiques. De sorte que l'essai sur l'exotisme, pour suivre le fil de son développement, n'a d'autre cheminement que la pure description. Ainsi, un texte sur la fleur de curcuma n'a pas à se chercher un titre baroque ou fantastique, c'est déjà en soi une trouvaille, une apparition, une réjouissance. Dire d'abord que le curcuma est une plante, précision utile en ceci que la majorité des humains non Indiens le connaissent seulement comme une poudre... comme les Italiens savent que le lapis lazuli est un pigment bleu issu d'un minéral, et comme les Laotiens ignorent le curcuma en...

Les saveurs voyageuses

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On peut être néo dans le village où on a grandi... Preuve en est que me voici dans ma maison en bois sur pilotis que j’ai fait bâtir sur un modèle de construction disparu des usages de la culture lao, comme j’avais disparu du paysage avant de réapparaître, frais comme une truite de la Sure, forcément déplacé, décalé, exotique en ma terre natale, les cheveux poivre et sel. Or, j’aurais pu aussi bien n’avoir jamais quitté mon village, jamais connu d’autres horizons que les quatre Orients qui bornent les rizières, les rivières, la forêt de bambous, les étangs à poissons, les terres de cultures maraîchères, les jardins arborés des pagodes, je n’en aurais pas moins accompli le voyage universel : voyage dans le temps. Et cette aventure au cours incertain ne trouve pas sa raison dans la nostalgie car chaque jour nous mène plus loin vers des contrées inconnues de notre existence. De sorte que ce qui était familier ne le sera plus jamais, la loi de l’habitude voulant que...