Articles

Affichage des articles du septembre, 2023

Kiyé's Garden in Laos / La courge éponge née adulte

Image
Il existe un rituel, confinant à quelque manie, dont on peut dire que tous les jardiniers le respectent scrupuleusement, qui consiste à faire le tour de son jardin, au sortir du lit, pour voir un peu si tout va bien, notion somme toute assez vague, et beaucoup pour voir si des semis ont germé, des feuilles ont grandi, ne serait-ce que d'un demi-millimètre, des fruits ont poussé dans la nuit. Il suffit d'une fleur qui s'ouvre pour crier au miracle ! J'étais donc dans cet état d'esprit quand j'ai découvert ce matin ce beau bébé, une courgette éponge locale, de taille suffisamment imposante pour provoquer au moins la perplexité. Il est vrai que l'objet avait grandi sous le feuillage abondant de la plante mère, mais une telle poutre dans l'œil, j'aurais quand même dû sentir un picotement, un je ne sais quoi d'inhabituel... L'ironie de cette affaire, c'est qu'ayant oublié quelle cucurbitacée j'avais plantée là, j'observais minutieu...

Kiyé's Garden in Laos / Le crapaud prince de l'élégance.

Image
Deux mois après avoir été semé, concombre amer s'apprête à se reproduire. Ayant d'abord viré du vert au jaune, comme on se dépare des attributs de sa jeunesse, il finit en majesté dans un orange digne du drapé du Vanérable de Wat Xieng Thong. Nul besoin d'être savant pour savoir comment d'autres plants vont sortir de terre bientôt. Concombre amer mûr est plus tendre en texture, d'un soyeux irrésistible.  Doux au début, il a tôt fait de nous rappeler qu'il est amer. Or, si l'habit ne fait pas le moine, en matière de saveurs, il agit sur le cerveau comme si la belle apparence allait nécessairement de pair avec le délicieux. Délicieux Il l'est pourtant à sa façon, même sans sa somptueuse livrée. Avec ce surcroît de satisfaction d'aimer ce qui n'est pas aimable. Pour le cuisinier, obligation est donnée de servir l'excellence en accompagnement de ce légume pas comme les autres. Car, finalement, l'amer se travaille moins comme un go...

Kiyé's Garden / Sorties d'affaires

Image
On se souvient que le début avait été difficile, car nos jeunes plants de courges et courgettes avaient subi les attaques en règle d'un insecte jaune doré, très mignon et grand amateur de feuilles tendres de cucurbitacées (elles n'avaient pas touché les plants de concombre amer, pourtant cucurbitacée, ni de haricots serpents). Pour conjurer le sort, j'avais modélisé une course contre la montre, en pariant que la plante sortirait vainqueur parce que sa croissance est plus rapide que la capacité d'ingestion de l'insecte. Bien sûr sans autre certitude que de le proclamer haut et fort. Je peux le dire maintenant, j'avais raison. C'est bien, de temps en temps, d'avoir raison. La satisfaction est telle que de temps en temps finit par se confondre avec tout le temps... Ceci est un sujet de thèse en anthropologie, en psychologie, en toute science qu'on voudra... que j'offre gratuitement à la communauté. Est-ce que je vais m'attaquer moi-m...

Le concombre, ah, Mère...

Image
La rapidité du haricot serpent à pousser et courir a fait de lui le protagoniste principal de mes publications récentes. Or, dans sa proximité immédiate, une intimité biotopique, voire existentielle, semé dans le même sol et le même instant, une graine de l'un, une graine de l'autre, en alternance, donc, il y a son alter sans ego. Incontestablement cucurbitacée, d'une aptitude naturelle à la grimpette, d'un feuillage abondant, capteur solaire de haute performance, vous avez reconnu le concombre amer... je blague, une fois est coutume, comme vous le savez. La fleur est jaune, moutarde, petite, mignonne, adorable. Peu sujet aux attaques des insectes, des champignons, des parasites de tout poil, pour ce que j'ai pu observer, à peine semé, vite émancipé de la fatalité de l'organisme végétal (le surplace), le voilà qui galope dessus le tuteur, hussard sur le toit. Figure héroïque, assurément. Même si dans la Belle et la Bête, il serait la Bête. À cause de...

Kiyé's Garden / Le serpent nostalgique

Image
Les lecteurs et lectrices ne sont pas sans se douter que j'ai parfois recours à l'exagération pour frapper leur imagination, l'effet recherché n'étant jamais de gagner en force de persuasion, car je vous sais pourvus d'un jugement sûr, qu'on ne saurait tromper grossièrement, mais plutôt un comique confinant à quelque poésie émanant du réel. Or, puisque j'en suis à ma première culture réussie de haricots serpents (mes autres tentatives avaient eu lieu en France, dans ma chère Vallée de Quint, elles avaient été sans pitié pour mes graines ramenées de mes séjours au Laos : beaucoup d'espoir et d'excitation au moment de planter, pour un fiasco total), j'avais donc fait le choix de la prudence en affirmant que mes serpents atteindraient les cinquante centimètres, et, ce écrivant, je craignais même de fanfaronner... Les voici rendus à soixante-dix centimètres, et ce n'est pas fini ! Preuve est faite que je n'exagère pas toujours, ce...