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Affichage des articles du juillet, 2020

Le sérieux de la comédie

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Le Français Hugo débarque au Laos plein de mélancolie, mais quand il s'agit de communiquer avec les indigènes autochtones locaux authentiques, il s'évertue à faire le clown, histoire de chasser les ombres de son esprit. Il ne sait pas encore que les Laotiens sont gens moqueurs qui n'attendent pas qu'on leur tende la perche pour vous faire tourner en bourrique ! Marc Barbé s'est prêté au jeu consistant à ne rien comprendre de ce qui se dit autour de lui tout en imaginant qu'il ne peut se dire rien de mal venant des Laotiens. C'est, je vous l'accorde, une manière de caricature autant du Français que du Lao, mais il faut parfois être grossier avant d'attaquer les choses sérieuses. Des comiques sur scène, j'en ai vus beaucoup, il y a longtemps : Popeck, Bedos, Zouk, Romain Bouteille... Pour autant que je m'en souvienne, les spectacles comiques m'ont toujours plongé dans une tristesse insondable. Et je continue à préférer les comiques qui font...

Le temps, l'espace et l'oubli.

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Les mots sont les cailloux qu'on lance pour faire des ricochets à la surface de l'eau. Il est dans la nature des cailloux-mots de couler dans les profondeurs après avoir volé dans les airs. Comme il est dans leur grâce de dessiner en surface des cercles concentriques éphémères. En grandissant, les cercles vont fatalement vers l'épuisement de leur énergie. Pendant les prises, je demande aux interprètes d'écouter les sons du lieu. Les sons du lieu donnent la mesure de l'espace et du temps. Les marques au sol sont des marques temporelles. On peut mesurer une distance en nombre de pas. On peut mesurer la même distance en nombre de respirations. Une respiration se fait en trois temps. L'inspiration, une suspension, puis l'expire. Il en est de même de la marche qui se compte en trois temps. Sauf quand elle est militaire : une... deux... une... deux... ou horlogère : tic... tac... tic... tac Un acteur qui oublie son texte est plus juste qu'un acteur qui oublie ...

Riverside

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Vientiane, janvier 2020. J'étais là, pendant le Covid 19 d'avant qu'il ne fût frappé de l'infamie de la pandémie. J'avais quitté le trafic de la rue Sethatilath pour couper par les ruelles de Wattai Noi, qu'à New York on appellerait Riverside. Il est neuf heures du matin, le soleil tape déjà fort, j'avais envie d'une soupe vietnamienne, phö, qu'on prononce feu. J'ai mis longtemps avant d'arriver là parce que sur la chaussée défoncée on roule lentement, en zigzaguant, mais j'ai parcouru moins d'un kilomètre avant de trouver mon bonheur, un bar à soupe sans façon, j'ai donc eu mon phö et, sans sourciller, malgré l'heure matinale, j'ai commandé ma bière avec glaçons. A quel point c'était bon ? A en oublier que j'avais l'âge de mes artères. J'avais avec moi mon Pentax K1000, chargé avec une 200 asa, quand j'ai vu l'homme en costume noir accroupi devant le fleuve, j'ai arrêté de manger ma soupe, ...