29 août 2015

Mèo


Vingt ans séparent ces deux portraits de ma nièce Mèo, l'aînée de mon frère aîné. De l'une à l'autre, la photographie, d'argentique est devenue numérique et la maison familiale, dont on voit derrière l'enfant les murs de bois peint, n'était plus, en 2014, qu'un emplacement vide dans un terrain regagné par les herbes et le jeu de la spéculation foncière. J'avais longtemps imaginé que je retournerai vivre dans cette vieille maison sur pilotis quand le moment sera venu. Il me reste quelques tirages orphelins (dont  j'ai perdu les négatifs) pour prolonger encore ce rêve en imagination.

Par bonheur, je ne vois pas, dans la juxtaposition de ces deux photographies, l'avant-après des écritures de la nostalgie et du discours ordinaire sur le temps qui passe. Cela tient au fait que je retrouve pleinement l'enfant dans l'adulte qu'elle est devenue, qu'elle était déjà à dix ans dans le dessin de ses sourcils et dans la vivacité de son regard. Quant au temps qui passe, il suffit d'une seule image pour le représenter dans son passage, et sans doute plusieurs vies pour tenter de lui trouver une définition.




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