18 mars 2010

Mots reçus de Juliette en commentaire de mon article daté du 10 mars 2010 intitulé "Sentiers sous la neige"

J'avais envie que ce texte soit lu comme un article en soi. 
Philosophie de comptoir
Sommes-nous d'accord ? : l'écriture est un regard.
Par suite, lire l'autre est une façon de plonger son regard dans le sien. Mais avec un certain décalage. Et discrètement.
Une façon également de lire le monde par ses yeux, dans l'étrangeté ou la communion, sans compter les intermédiaires …
Lire, c'est regarder le monde par ricochet. Premier ploc! l'autre. Deuxième ploc! le monde selon l'autre. Ou l'inverse. Qui sait ce qui surgit d'abord.
Le monde de l'autre change ma vision du monde.
Peut-être.
Un blog surgit. Un commentaire est possible. Puis-je à mon tour interférer ?
Peut-être.
….Marcheur du soir, tu as pensé au loup en grimpant dans la nuit banche et obscure vers les Terres Rouges le mois dernier. La solitude ( des espaces infinis,etc…) est effrayante à condition d'y songer. Surtout lorsqu'elle est peuplée d'êtres invisibles. Tu aurais pu te méfier du sanglier, le chevreuil, lui, semblant plus inoffensif et le grand méchant cerf, probablement le seul réellement dangereux, n'ayant pas encore été observé dans ces pentes. Les grands oiseaux de nuit, eux, ne s'intéressent pas aux petits laotiens.
Voici un conseil, fruit de l'expérience : une prochaine fois, va, récitant tes classiques à voix haute, en boucle si ta mémoire défaille, Dante, par exemple, réussit assez bien, et sans compter le potentiel rassurant du son de ta propre voix, légèrement étouffé lorsqu'il buttera contre les pins chargés de neige, tu seras assuré de provoquer la fuite tranquille mais certaine des promeneurs du soir égarés dans les mêmes parages.
Le goût du Porto se maintient, en dehors des situations critiques. Mais jamais pin ne devient sapin.

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