Le mystère de la tomate-mozza
Vous me trouverez bientôt dans cette maison, au Laos. Vous la reconnaîtrez facilement, seule sur pilotis et en bois comme autrefois quand toutes les autres sont de plain-pied et en dur. La maison à gauche, également sur pilotis, accueillera les gens qui habiteront avec moi. Outre ce toit, ils auront un travail, celui de cultiver des légumes sur le terrain. J'ai envie de faire pousser dans mon jardin des tomates de France, comme il n'en existe pas au Laos, plantureuses, juteuses et sucrées. Les Laotiens aiment la tomate acide, écrasée au pilon dans la salade de papaye, avec force piments et padèk, le jus de poisson fermenté, ou bien encore jetée dans le bouillon pour lui donner des angles, nuance d'acidité douce ajoutée aux acides vifs du tamarin et du citron. La salade de tomate française, ou italienne, serait trop mystérieuse pour eux, pour ne pas dire insipide. Je veux cultiver ce mystère, le faire sortir de ma terre natale, de sorte qu'en croquant dans mes tomates, ...