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Affichage des articles du janvier, 2021

L'invention de la perspective

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La Tête de la Dame, et derrière, la barre de Font d'Urle. La neige a fondu dans la vallée. La limite neige-pluie est aux alentours de 700 mètres. Ce matin, on ne voyait rien de ce paysage. Rideau baissé. Ou plutôt, quelque chose comme un demi-sommeil des perceptions, à la fois troubles et acérées. On voyait le paysage en souvenir, en attendant d'arriver. Une sensation d'atterrissage dans le brouillard. En l'air, l'avion secoue comme un camion sur une piste au Laos. Quand le train touche le sol, train d'atterrissage, je veux dire, on est content de voir les lumières alignées de la piste. A chaque atterrissage, tous les passagers réinventent la perspective. Je suis heureux du confinement dans ma vallée. J'aime bien mon horizon septentrional. C'est un horizon quantique : il ferme et il ouvre en même temps. Passer de l'autre côté en tongs, pas facile. En tout cas, je le ferais pas. Mais en imagination, d'un trait de poésie le franchir, quel bonheur !

Snow motion

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La neige pour être décrite demande de déplacer les lois de la physique vers les lois de l'émotion. Chaque fois, l'étonnement domine sur toute considération prosaïque. Monochrome comme sable du désert, minimale dans sa blancheur mais instable jusque dans la sensation qu'elle procure d'éternité. Phénomène d'une saison et d'un génie du froid qui, au lieu de figer, fait trembler de joie et sentir la moindre vibration de l'air. Rien de cotonneux dans la perception in situ. Car le froid pique les joues, les oreilles, les doigts, les orteils. L'immobilité est à déconseiller. Alors, on marche, et marchant on produit sa propre chaleur. L'effort est intense dans la poudre blanche, mais sans fatiguer. Le bénéfice de l'échauffement du corps transforme la douleur du froid en réconfort. Le même effort sur un chemin de randonnée en été facture plus cher en épuisement. N'ayant pas de gants, j'ai accompli toute la sortie en raquettes les mains dans les po...