L'heure d'été (Jeanne à Die)
Je venais de consulter le garagiste, ma voiture ayant des sortes de quintes de toux (petites percussions métalliques conclues par une explosion et un noir bouquet de fumée aperçu dans le rétroviseur) lorsque je pris le chemin du Pestel. Que ma voiture pût tomber en panne n'importe où et n'importe quand ne justifiait pas que je dusse rentrer à la maison, même pour me régaler avec les huîtres et le chais du grillon (petit côte du ventoux blanc) que je venais d'acheter. La veille j'avais fait à l'aube la traversée du Vercors pour arriver juste à l'heure au travail, l'avant-veille au soir j'avais prolongé de cent kilomètres un voyage de trois cents, la nuit déjà bien entamée par l'heure d'été pour faire à mes amies de l'Autre Côté du Vercors une surprise qui m'a (nous a) valu le joli petit éloge de la surprise de Juliette . Un jour, je vous parlerai de Rosalba, l'amie absolue qui fut la raison de ma fantaisie automobile : je ne pouvais pa...