31 août 2015

Tuk Tuk, dérushage


Plans tournés hors scénario. Ceux du marché l'ont été à la demande de ma sœur aînée, Palom Soydara, qui a la propriété et la gérance de ce marché. Dans le rôle de la vendeuse de piments, ma nièce Mèo. Ce sont les derniers plans réels du tournage, à la veille de prendre l'avion, sans régie ni direction de production (on avait fêté la fin de tournage la veille avec toute l'équipe). Ces images contiennent tout le film "Tuk tuk" mais n'ont pas trouvé de place dans le montage final. Elles contiennent déjà le film à venir, qui se passera également au Laos et s'appellera "France".

Pictures shooted out of script. Those from the market had been shhoted at the request of my older sister, Palom Soydara, ownership of this market. In the role of the salesperson peppers, Mèo my niece. These are the last actual plans of shooting, without direction of production (we celebrated the day before the end of filming with the team). These images contain all the film "Tuk tuk" but have not found a place in the final cut. They already include the upcoming film, which will take place also in Laos and will be called "France".

29 août 2015

Mèo


Vingt ans séparent ces deux portraits de ma nièce Mèo, l'aînée de mon frère aîné. De l'une à l'autre, la photographie, d'argentique est devenue numérique et la maison familiale, dont on voit derrière l'enfant les murs de bois peint, n'était plus, en 2014, qu'un emplacement vide dans un terrain regagné par les herbes et le jeu de la spéculation foncière. J'avais longtemps imaginé que je retournerai vivre dans cette vieille maison sur pilotis quand le moment sera venu. Il me reste quelques tirages orphelins (dont  j'ai perdu les négatifs) pour prolonger encore ce rêve en imagination.

Par bonheur, je ne vois pas, dans la juxtaposition de ces deux photographies, l'avant-après des écritures de la nostalgie et du discours ordinaire sur le temps qui passe. Cela tient au fait que je retrouve pleinement l'enfant dans l'adulte qu'elle est devenue, qu'elle était déjà à dix ans dans le dessin de ses sourcils et dans la vivacité de son regard. Quant au temps qui passe, il suffit d'une seule image pour le représenter dans son passage, et sans doute plusieurs vies pour tenter de lui trouver une définition.




19 août 2015

Espace-temps

J'ai tant à explorer de mon paysage que, le plus souvent, je reste chez moi, travaillant aux scénarios de mes films qui se passent loin d'ici, au Laos. Cela tient beaucoup au fait que les paysages du Diois sont trop beaux, comme on dirait de la mer ou de la voie lactée, de sorte qu'il est vital de ne pas céder à la tentation de la contemplation sans fin, sous peine d'y laisser, littéralement, sa vie. Alors, de temps en temps, je vais sur le motif faire des photographies de paysage. Je pousse des oh ! et de ah ! de contentement, puis je m'en retourne dans mon intérieur, tout heureux d'être en vie et conscient de la brièveté d'icelle.

10 août 2015

Selfie

Je  ne sais pas si un autoportrait (dessiné, peint, photographié, écrit, filmé, etc.) raconte plus ou moins qu'un miroir. Je suis néanmoins certain que cela raconte, différemment, autre chose. Celui-ci est le seul tirage qui me reste d'un lino gravé, dont j'ai perdu la matrice, et dont j'avais oublié jusqu'à l'existence. Il m'est réapparu ce jour, en rangeant mes livres, servant de marque-page pour les Écrits et propos sur l'art de Matisse. Je me reconnais dans ce que j'ai été en ma "jeunesse" trentenaire, sérieux, volontaire et plein de ces doutes qui suffisaient à me faire me sentir exister. Quinze ans plus tard, je peux sourire tendrement à ce moi d'autrefois, d'une autre vie, d'une vie autre. C'est-à-dire que je ne me reconnais pas vraiment. Là réside la différence entre l'autoportrait et l'image de soi dans le miroir. Car l'autoportrait est la fiction de soi dans son aspiration à devenir une autre personne qui serait plus proche de la personne qu'on est en son for intérieur, quand l'image dans le miroir ne sait être que le reflet de soi dans l'instant de sa vision, si ressemblante qu'on doit souvent se regarder à deux fois pour se reconnaître vraiment.

8 août 2015

Oasis

 Après deux mois de sécheresse, le jardin est devenu une oasis de verdure et de vitalité. Pour le jardinier, le travail ne consiste plus qu'en une contemplation détachée de toute inquiétude. La courgette garde les stigmates des coups de chaleur, la blette épinard et la salade Reine des glaces montent en graine, la peau de la tomate durcit mais se laisse éplucher sans résister. Et dans l'assiette, la gourmandise a la forme d'une mini gousse d'ail qu'on croque sans l'éplucher. Sur le fromage de chèvre sec, c'est une noisette délicieusement piquante.