7 juin 2015

Petit matin


Le rituel est immuable, tous les matins, je vais voir si les plantes de mon jardin ont bien poussé. Il est tôt, la rosée mouille mes pieds chaussés de tongs ramenées de mon dernier séjour au Laos. La pluie avait été abondante durant la nuit, amenée par un orage, se prolongeant en pluie d'un été tropical qui n'existe pourtant pas sous nos latitudes. A l'approche du potager, j'entends un bruit que même un habitant de la ville saurait identifier, un "grouinement" de cochon. La bête est en réalité un sanglier. Même si je ne verrais d'elle que les traces qu'elle a laissées, c'est-à-dire les dégâts sur le terrain. C'est à la fois spectaculaire et délicat : la terre est retournée et travaillée de fond en comble, mais dans une zone précise, laissant intactes les rangées de petits pois d'un côté et les lignes de tomates de l'autre... Que la scène se fût passée de l'autre côté du grillage, dans le jardin de mes voisins, me permet d'examiner la situation avec une curiosité de bon aloi et une grande attention. Il est six heures du matin. J'entends les sangliers grouiner et courir dans les hautes herbes.

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