16 mai 2015

Anthropologie visuelle


Au Laos, quand deux enfants se battent, il est fréquent que les adultes présents s'assemblent autour d'eux pour savoir qui va l'emporter, avant de les séparer s'il y a lieu de le faire. On s'amuse d'abord de toute situation avant de prendre les choses au sérieux. Il arrive aussi que ce penchant soit tellement affirmé que ce qui est au départ un amusement devienne peu à peu une préoccupation première. Ainsi des combats de poissons combattants. Le plaisir commence avec la pêche, qui se pratique à mains nues dans les mares et les eaux des rizières chauffées par le soleil. Une pêche comparable à la chasse aux sauterelles. La préparation des poissons pour le combat est moins innocente. On isole chaque individu dans une bouteille qu'on enterre pendant trois jours. Après ce passage au cachot et au régime, il ne reste plus qu'à mettre deux poissons ensemble dans la même bouteille. Le vainqueur de ces joutes à la maison est qualifié pour combattre d'autres champions du village. Ces combats font l'objet de paris d'argent, autre passion des Laotiens. Ils sont une bonne initiation aux combats de coqs, avec lesquels ils ont une ressemblance esthétique étonnante.

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