7 sept. 2013

La machine à voyager dans le temps


Le Pentax 6x7 me faisait les yeux doux dans un magasin de la petite ville voisine de mon tout petit village de la vallée de la Drôme, c'est à dire de la plus grande commune de cette terre nommée Diois (Die donc !). C'était au printemps dernier. Le vendeur raconta que cet appareil l'avait accompagné durant 30 années dans son ancien métier de photographe de mariage. Il trônait maintenant dans la vitrine des matériels d'occasion, entouré de trois optiques, arborant son grip en bois sculpté, comme un cabriolet anglais son volant en ronce de noyer. L'ancien photographe de mariage demandait pour le lot une modique somme, équivalant au prix d'un reflex 24x36 numérique amateur. Il eut un pincement au coeur quand je lui demandai de me réserver l'appareil, le temps que j'aille chercher de l'argent à la banque. Je ne sais pas pourquoi je voulus payer en liquide, peut-être parce que je ressentis le besoin d'une transaction de la main à la main. En geste de connivence, non commercial, le vendeur m'offrit une des pellicules qu'il gardait pour des raisons sentimentales. Il me vendit toutes les autres une fois suivante pour aller au terme de ce petit deuil professionnel. C'est avec une de ces pellicules que j'ai fait cette image au mois de juillet. L'ancien photographe de mariage développa mes films. Oui, chez lui, je peux acheter des pellicules 24x36 et 6x7, faire développer mes films. Pour les tirages, la filière est mixte : scan des négatifs, projection des négatifs sur papier argentique et chimie traditionnelle de développement. Le résultat n'est pas toujours heureux, cela dépend de la qualité des scan. Pour l'image ci-dessous, j'ai scanné moi-meme le négatif avec un Epson 4490, puis enlevé les poussières avec photoshop. Enfin,  j'ai étalonné les couleurs, la lumière, la densité, toujours avec photoshop. Cela prend le temps d'une remontée dans le temps, l'odeur des révélateurs, des bains lavants et des fixateurs en moins.



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