5 mai 2011

MOBILIS



prenez les caravanes… 
les maisons à roulettes ne relèvent ni de l’immobilier ni du mobile de Calder,
elles sont tantôt désespérantes de lourdeur, tantôt hallucinantes de légèreté
cela vient de ce qu’elles transportent un mariage contre-nature entre la maison et le voyage…
voyager avec son linge à repasser et son courrier à trier, cela aurait inspiré à Homère un feuilleton pour Ithaque Thélé… peut-être ?
il y a quand même du romanesque et de la beauté dans une caravane abandonnée au fond d’un terrain vague
et beaucoup de sublime dans une Caravelair flambant neuve qu’un Mistral disloque d’une seule gifle, dispersant sur le bitume livres, vaisselle, chaises pliantes, papier hygiénique, pain de mie et couverts en plastique…
la légèreté des caravanes, qui s’avère être leur modernité, a beaucoup à voir avec l’idée que toute existence humaine s’accommode de n’importe quel paysage et de n’importe quel itinéraire
leur lourdeur, en revanche, qu’on peut qualifier de tragique, vient de ce qu’à voyager avec sa maison, on tue l’idée de voyage en même temps que l’idée de maison

1 commentaire:

  1. c'est exactement ça : on tue l'idée de voyage en même temps que l'idée de maison. Merci de l'avoir dit, et si bien. Le fond de l'affaire c'est qu'on vit avec des idées.

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