21 mai 2011

La vie éternelle


Le cyprès est l'arbre de la vie éternelle. De son bois, on faisait des cercueils pour les papes. Dans ce petit cimetière protestant, à l'écart du village, loin du cimetière principal, catholique, tous les symboles sont réunis, et tous les signes, pour écrire l'histoire d'une famille dans le paysage de son exil. La vigne dit la richesse obtenue par le travail des hommes. La montagne donne la mesure de leur petitesse dans l'immensité du monde. Les trois cyprès de tailles différentes renvoient au passage du temps et des générations. Il semble que l'arbre le plus grand soit formé d'un entrelacement de deux arbres : les parents unis dans l'amour et la mort ? Un jour, j'irai sur place pour m'en assurer. Enfin, le signe le plus parlant de l'incapacité des hommes à voir plus loin que leur horizon familier : les murs du cimetière délimitent un espace trop petit. On peut deviner que les tombes ont été déplacées par les racines, et que bientôt les murs s'écrouleront. Dans cinquante ans, il ne restera du cimetière que les cyprès, tandis que les vignes alentour continueront à donner muscat blanc et clairette blanche que les hommes d'ici assemblent pour faire la clairette de Die, un vin pétillant au goût de pomme mûre croquée dans l'arbre conçu pour les plaisirs de l'instant.

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