21 nov. 2010

L'adieu à Grand-Mère

 



Les moines récitent des textes sacrés qui sont repris en chœur par les amis et la famille réunis dans la maison de Grand-mère. La cérémonie se termine avec un rituel spécifique : pendant que le moine le plus âgé récite une prière, les personnes placées devant vident très lentement l'eau d'une bouteille dans un bol, presque goutte à goutte, de sorte que la dernière goutte tombe quand la prière se termine. 



Les personnes placées derrière se touchent de proche en proche pour participer au rituel du versement de l'eau. A la fin, l'eau de tous les bols est reversée dans un récipient plus grand. 


16 nov. 2010

Cela dont je ne connais pas le nom


J'aurais dû m'arrêter pour observer le phénomène, au lieu de quoi, je me suis garé sur le bas-côté, j'ai pris une photo sans sortir de la voiture et je suis reparti en direction de cela dont je ne connais pas le nom, une coulée nuageuse ? un tsunami aérien ? Ensuite, je ne me souviens plus de rien. Cette chose avait-elle une consistance particulière ? Etait-elle froide ou chaude ? Laissait-elle aux ondes sonores la faculté de se mouvoir dans l'espace ? Combien survécurent à part moi ?

15 nov. 2010

Si je m'achetais un âne ?


La nuit tombe à 15h à Stockholm en ce moment, c'est l'une des rares phrases où le mot tomber sonne juste, s'agissant de la nuit. En revanche, le jour se lève, ça ne marche plus du tout. Surtout quand c'est couvert !

Il y a longtemps, j'ai vu un reportage sur un village de montagne en équateur. Douze heures de jour, douze heures de nuit toute l'année, 19 degrés toute l'année, pas grand-chose à se mettre sous la dent, de sorte qu'on ne risque pas de faire des excès alimentaires. Les gens y vivent très vieux. Il ne manque que leurs actes de naissance pour faire de vraies statistiques.

Voilà le genre de pensées qui vous traversent à force d'écrire avec un ordinateur. Stevenson, lui, n'avait pas d'ordinateur, il faisait de l'âne et du canoë, il est mort aux Samoa.


10 nov. 2010

TOUT A ETE DIT CENT FOIS/ET BEAUCOUP MIEUX QUE PAR MOI/etc,etc

Il pleut, plus ou moins, mais le temps reste doux en ce lieu, en ce jour.

Quel lieu ?… peu importe car ce qui nous réunit - outre le fait d'avoir les pieds sur la même terre - c'est que les yeux de l'un lit à l'instant ce que la main d'un autre a écrit... Un autre qui a trouvé la pluie douce. Ce qui mérite à peine d'être dit.

Alors peut-être parler d'un livre lu : « de A à X » de John Berger, L'Olivier 2009 …mais d'autres encore font cela beaucoup mieux, en des lieux autorisés.

Dire quelque chose de ces concertos pour violon de Jean-Marie Leclair (1697-1764) qui habitent délicatement l'espace en ce début de nuit paisible ? Ceux qui les connaissent s'en délectent déjà. Qui les ignore s'en passe fort bien.

En voilà une impasse ! Va-t-il falloir se rabattre sur la recette de la truite au sel de Guérande qui pourrait orner la table du soir ? Parler des mérites comparés de la planche à repasser étroite, large ou extra-large ? De ce qui adviendra si l'ail d'automne qui devrait déjà être en terre n'est mis en place que demain ? Du dernier logiciel de retranscription de la voix parlée ? De l'Association du Service à Domicile qui avant l'embauche demande aux candidats de remplir un questionnaire ultra pertinent ?

… savez-vous faire le ménage : entretien des sols -TRES BIEN-BIEN-MOYEN-NON

entretien de la cuisine -TRES BIEN-BIEN-etc

Et dire qu'il faut faire état de ses motivations pour aller récurer chez les autres !!

Tiens, voilà : parler de cette tromperie sur les mots …joignez cv et lettre de motivation… d'ailleurs au singulier ou au pluriel ?

Mais si c'est pour faire du sous-Barthes, autant se taire.

Le problème de ce genre d'exercice, c'est que le blogger (mot ravissant) ignore à qui il s'adresse.

Le pari de tout auteur qui n'écrit pas que pour lui-même est de penser qu'il trouvera des lecteurs décidés à dépasser les premières banalités avec un espoir qui ne devra pas être déçu s'il espère qu'ils persistent.

Présomptueux !

Il y a des pensées qui rabattent le caquet. Allons plutôt taquiner la truite.


9 nov. 2010

Marseille


L'image n'est pas d'aujourd'hui mais de l'été dernier. Elle contient l'expression le temps passe vite. Plus vite  que cette nuit quand je me suis réveillé en me doutant que le point du jour était encore loin. Quelle heure pouvait-il être, trois heures, quatre heures ? Aucune indication ne me fut donnée dans les sons de la nuit. De même, cette image, pour qui ne connaît pas le lieu où elle a été prise, ni la personne qui habite ce lieu, ne raconte rien de précis. Sauf à moi-même. C'est très important dans ces cas là de ne rien dire de plus. Les mots comme les images racontent beaucoup à donner peu. Combien de fois une histoire s'est-elle perdue à trop vouloir se donner ?