2 avr. 2010

De l'expansion de l'univers

Le lecteur a peut-être mis sur le compte de ma fantaisie le fait que j'aie pu écrire du cinéma de Die qu'il éveillait quelque réminiscence de Bruxelles. J'y reviens donc pour préciser mon intuition. Cela tient beaucoup aux sonorités des noms.

Qui a séjourné à Bruxelles se souvient toute sa vie de Ma campagne dont je n'ai jamais réellement su, parce que la lacune me comblait, s'il était seulement le nom d'un carrefour comme, par exemple, Les Quatre Chemins au Creusot ou, par extension celui du quartier alentour. De Ma campagne, en se laissant glisser vers Saint-Gilles, qui était ma commune (à Paris on dit mon arrondissement), on croise à hauteur intermédiaire, après un cheminement en zig zag, La barrière. Enfin, en dépassant Saint-Gilles par sud, sud-est, en dessinant donc une grande lune sur la carte, on atteint Forrest, qui se dit Forêt, le charme du nom résidant entièrement dans son s muet qui, s'il devait s'entendre, nous emmènerait illico chez Robin des Bois ce qui ne manquerait pas de provoquer la rencontre du troisième type. A ce propos, puisqu'on en est à prêter oreille aux aux petites anglaises, imaginez la tête d'Anglais arrivant dans la capitale dioise lorsqu'ils aperçoivent le panneau Die. De là vient sans doute qu'ils sont plus nombreux en Ardèche, sur la côte d'Azur, dans le Périgord et dans toute autre région de France qui sait dire welcome, même avec un accent à couper au couteau.

Si le lecteur m'a suivi jusqu'ici, et j'encourage celui qui découvre ce blog à faire preuve de perspicacité, il en a déduit que Bruxelles et Die participent de la même géopoétique. Et s'il a quelque notion d'astrophysique, il a entendu parler de l'expansion de l'univers. Die, capitale du Diois, dix mille habitants à l'intérieur d'un cercle de cent kilomètres de diamètre, est un quartier de Bruxelles que l'expansion de l'univers a étiré exilé dans une magnifique solitude éthérée.

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