29 mars 2010

Petit éloge de la surprise

Une surprise, mettons une bonne surprise, n'est-elle pas une chose infiniment réjouissante ?
Enfin ne pas avoir senti venir, enfin une rupture dans les certitudes du moment, enfin le rappel d'une certaine autonomie du cours des choses !
Parce que c'est un peu fatigant d'avoir toujours raison.
Faire une prévision sur l'avenir - par exemple préparer une bonne soupe pour le soir - tout mettre en oeuvre pour qu'elle se réalise : récolter trois poireaux au jardin, éplucher les carottes, etc, pour constater un temps plus tard que bien entendu la soupe était bonne, c'est s'installer insidieusement dans une tranquillité proche de l'ennui.
Et pas seulement parce que l'exemple choisi est d'une banalité affligeante.
Dans l'acte le plus créatif, l'ennui menace sans imprévu… à moins de baigner dans une autosatisfaction bientôt stérile.
Tandis qu'une bonne surprise lorsqu'elle surgit, outre le plaisir qui l'accompagne - par exemple l'arrivée tardive d'un ami qui s'est bien gardé de prévenir - donne à la soupe un autre goût. Soudain on se réjouit d'en avoir fait un peu trop. La couleur du soir en est changée. On se croyait fatigué, on se découvre une endurance sans l'ombre d'un bâillement.
Tu m'étonnes … je m'étonne !
Merci.

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