28 déc. 2010

chant et orgue à bouche du Laos



Le Khène : un orgue à bouche à découvrir La première fois que les Européens entendent parler de l’orgue à bouche — un instrument original qui fonctionne avec l’expressif principe de l’anche libre —, c’est en 1636, dans le Traité d’Acoustique de Marin Mersenne. Par la suite, le monde des sciences et de la musique a pu découvrir que l’instrument avait des cousins dans toute l’Asie : le sheng en Chine, le sho au Japon…
Outre ce son si particulier, le khène se joue en soufflant et en aspirant à la manière d’un harmonica dont il est aussi l’un des ancêtres. L’instrument, en « radeau », se compose de deux rangées parallèles de tuyaux en bambous, enchâssés dans une chambre à vent, une sorte de globe en bois creux. Dans la musique des Lao, on trouve d’autres instruments à anches libres, qui sont peut-être les précurseurs de l’orgue à bouche actuel. Les lamelles de métal (cuivre) résonnent aussi parfois dans une sorte de trompe en corne de buffle.
Indissociable des fêtes et de certaines cérémonies, le mokhène (joueur de khène) se livre, lorsqu’il joue solo, à des prouesses musicales époustouflantes, souvent accompagnées de danses et d’attitudes physiques qui illustrent les propos de la musique interprétée. Chaque prestation d’un mokhène révèle ainsi un art musical et chorégraphique très codifié mais aussi ouvert à toutes les libertés : quand il accompagne les chants improvisés « lam », il se plie à toutes les « demandes » musicales proposées par le molam (chanteur).
La naissance du khène se noie dans les limbes du temps. Une jolie tradition raconte qu’au départ, une femme avait conçu cet instrument pour imiter les oiseaux. Dans chaque peuple asiatique, si les légendes diffèrent, leurs chants restent toujours une référence. La « voix » du khène peut passer des sons les plus fluides et charmeurs à des effets sonores saccadés, voire agressifs. Un résumé de la vie tumultueuse du peuple lao. Quand la voix de l’homme est portée par le souffle d’un mokhène, c’est un peu comme si la tradition et la vie parlaient d’une seule voix, tant les deux entremêlent leurs chants.

page source du texte

21 déc. 2010

LAST SUMMER

Le film Ici finit l'exil est dédié à la France rêvée de mon père. Une spectatrice, après la projection du 16 décembre à l'Espace Jean Dame à Paris, m'a demandé si cette dédicace contenait une part de déception dans la France réelle que j'ai connue moi-même. La réponse à cette question se trouve dans ce texte écrit en 1997, dernier chapitre dont le titre Last summer a donné le titre du livre. Ce fut sans doute mon premier mouvement vers le cinéma et les premiers mots d'un projet qui allait s'incarner dans le film Ici finit l'exil.

21 nov. 2010

L'adieu à Grand-Mère

 



Les moines récitent des textes sacrés qui sont repris en chœur par les amis et la famille réunis dans la maison de Grand-mère. La cérémonie se termine avec un rituel spécifique : pendant que le moine le plus âgé récite une prière, les personnes placées devant vident très lentement l'eau d'une bouteille dans un bol, presque goutte à goutte, de sorte que la dernière goutte tombe quand la prière se termine. 



Les personnes placées derrière se touchent de proche en proche pour participer au rituel du versement de l'eau. A la fin, l'eau de tous les bols est reversée dans un récipient plus grand. 


16 nov. 2010

Cela dont je ne connais pas le nom


J'aurais dû m'arrêter pour observer le phénomène, au lieu de quoi, je me suis garé sur le bas-côté, j'ai pris une photo sans sortir de la voiture et je suis reparti en direction de cela dont je ne connais pas le nom, une coulée nuageuse ? un tsunami aérien ? Ensuite, je ne me souviens plus de rien. Cette chose avait-elle une consistance particulière ? Etait-elle froide ou chaude ? Laissait-elle aux ondes sonores la faculté de se mouvoir dans l'espace ? Combien survécurent à part moi ?

15 nov. 2010

Si je m'achetais un âne ?


La nuit tombe à 15h à Stockholm en ce moment, c'est l'une des rares phrases où le mot tomber sonne juste, s'agissant de la nuit. En revanche, le jour se lève, ça ne marche plus du tout. Surtout quand c'est couvert !

Il y a longtemps, j'ai vu un reportage sur un village de montagne en équateur. Douze heures de jour, douze heures de nuit toute l'année, 19 degrés toute l'année, pas grand-chose à se mettre sous la dent, de sorte qu'on ne risque pas de faire des excès alimentaires. Les gens y vivent très vieux. Il ne manque que leurs actes de naissance pour faire de vraies statistiques.

Voilà le genre de pensées qui vous traversent à force d'écrire avec un ordinateur. Stevenson, lui, n'avait pas d'ordinateur, il faisait de l'âne et du canoë, il est mort aux Samoa.


10 nov. 2010

TOUT A ETE DIT CENT FOIS/ET BEAUCOUP MIEUX QUE PAR MOI/etc,etc

Il pleut, plus ou moins, mais le temps reste doux en ce lieu, en ce jour.

Quel lieu ?… peu importe car ce qui nous réunit - outre le fait d'avoir les pieds sur la même terre - c'est que les yeux de l'un lit à l'instant ce que la main d'un autre a écrit... Un autre qui a trouvé la pluie douce. Ce qui mérite à peine d'être dit.

Alors peut-être parler d'un livre lu : « de A à X » de John Berger, L'Olivier 2009 …mais d'autres encore font cela beaucoup mieux, en des lieux autorisés.

Dire quelque chose de ces concertos pour violon de Jean-Marie Leclair (1697-1764) qui habitent délicatement l'espace en ce début de nuit paisible ? Ceux qui les connaissent s'en délectent déjà. Qui les ignore s'en passe fort bien.

En voilà une impasse ! Va-t-il falloir se rabattre sur la recette de la truite au sel de Guérande qui pourrait orner la table du soir ? Parler des mérites comparés de la planche à repasser étroite, large ou extra-large ? De ce qui adviendra si l'ail d'automne qui devrait déjà être en terre n'est mis en place que demain ? Du dernier logiciel de retranscription de la voix parlée ? De l'Association du Service à Domicile qui avant l'embauche demande aux candidats de remplir un questionnaire ultra pertinent ?

… savez-vous faire le ménage : entretien des sols -TRES BIEN-BIEN-MOYEN-NON

entretien de la cuisine -TRES BIEN-BIEN-etc

Et dire qu'il faut faire état de ses motivations pour aller récurer chez les autres !!

Tiens, voilà : parler de cette tromperie sur les mots …joignez cv et lettre de motivation… d'ailleurs au singulier ou au pluriel ?

Mais si c'est pour faire du sous-Barthes, autant se taire.

Le problème de ce genre d'exercice, c'est que le blogger (mot ravissant) ignore à qui il s'adresse.

Le pari de tout auteur qui n'écrit pas que pour lui-même est de penser qu'il trouvera des lecteurs décidés à dépasser les premières banalités avec un espoir qui ne devra pas être déçu s'il espère qu'ils persistent.

Présomptueux !

Il y a des pensées qui rabattent le caquet. Allons plutôt taquiner la truite.


9 nov. 2010

Marseille


L'image n'est pas d'aujourd'hui mais de l'été dernier. Elle contient l'expression le temps passe vite. Plus vite  que cette nuit quand je me suis réveillé en me doutant que le point du jour était encore loin. Quelle heure pouvait-il être, trois heures, quatre heures ? Aucune indication ne me fut donnée dans les sons de la nuit. De même, cette image, pour qui ne connaît pas le lieu où elle a été prise, ni la personne qui habite ce lieu, ne raconte rien de précis. Sauf à moi-même. C'est très important dans ces cas là de ne rien dire de plus. Les mots comme les images racontent beaucoup à donner peu. Combien de fois une histoire s'est-elle perdue à trop vouloir se donner ? 

28 oct. 2010

Moutzi


Jumpette ne sait pas que Moutzi est mort, Moutzi lui-même ne sait pas qu'il est mort, il ne sait plus rien, il ne sait pas que Jumpette l'attend, le cherche... Moutzi, chat noir, silhouette ciselée, avait la démarche d'une panthère, le port d'un prince, jamais à se précipiter sur sa pitance... il est mort dans son sommeil, dans la position du chat qui dort, aidé par la légèreté d'un vétérinaire qui ne fait pas la différence entre milligramme et gramme, mort de sa vieillesse, du temps qui passe, mort d'avoir vécu... il va sans dire qu'il parlait peu, et mes mots sont de trop... je ne fais pas un poème de la disparition de Moutzi, j'essaie de la décrire, ce n'est pas simple... parce que rien n'a changé... faudrait demander à Jumpette... qu'est-ce qu'elle attend là ?

27 oct. 2010

Le Creusot



et selon quel hasard ou facétie du destin - nul déterminisme assurément - je me suis envolé de mon Laos natal pour atterrir au Creusot, 146 b rue Maréchal Foch ? Les voisins du dessus, nous étions au troisième, ils étaient donc au quatrième, s'appelaient Skubla, ils étaient déjà vieux... et moi, pas encore assez pour me poser des questions... je découvrais les biscottes et la manière de les tartiner, je découvrais les couteaux comme couverts de table (d'où je venais, tout était coupé par ma mère au moment de la confection des plats ; "à table" ne voulait rien dire, nous mangions sur une natte, assis en tailleur, seul mon père utilisant des baguettes : c'était un exilé du nord, à portée de flèche de Chine et Vietnam, pas un vrai Lao... les cuillères et les doigts étaient nos outils pour les repas... toute la douceur du Laos est là...)

Le Creusot ne ressemblait à rien de ce que j'avais connu et qui pût s'appeler une ville... le petit HLM où Florence et Georges m'avaient accueilli avait valeur de gratte-ciel... à Florence qui me demanda quelques mois plus tard (quand je fus en mesure de comprendre une telle question) s'il y avait des montagnes au Laos, je répondis que oui... comme elle voulut savoir si ces montagnes étaient grandes, je lui assurai, avec beaucoup de conviction, qu'effectivement elles étaient grandes... mais grandes comment ? insista-t-elle... "Comme l'immeuble d'en face" fut ma réponse... je ne faisais pas encore de jeux de mots...

28 juin 2010

Saint Jean

J'entrais en extase un dimanche, et j'entendis une voix claironnant derrière moi : (11) «Ecris dans un livre ce que tu regardes, et adresse-le aux sept Eglises, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicé.» (12) Je me retournai pour savoir quelle voix me parlait : j'aperçus alors sept chandeliers d'or, (13) et parmi eux comme un Fils d'homme; il portait une tunique longue, une ceinture d'or lui barrait la poitrine; (14) il avait la tête et la chevelure blanches comme laine d'un blanc de neige; ses yeux flamboyaient, (15) ses pieds semblaient de bronze fin rougi au four, sa voix retentissait comme celle des grandes eaux; (16) de la main droite il tenait sept étoiles , sa bouche dardait un glaive acéré à deux tranchants, et son visage éblouissait comme un soleil ardent.
(17) A sa vue je tombai à ses pieds en pamoisson; mais il posa sur moi sa droite et dit : «Ne crains point; je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant; (18) car j'ai été mort et me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clefs de la mort et du séjour des morts. (19) Ecris donc ta vision, tant sur la situation actuelle que sur l'avenir. (20) Quant au symbolisme des sept étoiles que tu as vues sur ma main droite et des sept chandeliers d'or : les sept étoiles sont les anges des sept Eglises et les sept chandeliers sont les sept Eglises.»

9 juin 2010

Mobilis in mobile


Si les salades poussent moins vite que les vagues de la mer,
leur mouvement n'en est pas moins mystérieux.
Je regrette que ni Eadweard Muybridge ni Etienne-Jules Marey n'eussent jugé nécessaire d'étudier ce sujet.